C’est toujours un casse-tête chinois quand le vent des fêtes de Pâques souffle sur la Côte d’Ivoire. Pas parce que les fidèles chrétiens ne savent pas comment s’y prendre face à cette fête, mais surtout parce que de nombreux Ivoiriens se posent mille et une questions. Du moins, ceux qui emploient des filles de ménage dont beaucoup parmi elles sont d’ethnie baoulé et attachent une importance non négociable aux réjouissances et autres retrouvailles au village à la même période. Les années passent et se ressemblent pour les employeuses qui vivent toujours les mêmes si- tuations. Avec des filles de ménage qui, pour rien au monde, ne veulent rester à Abidjan pendant qu’au village, paquinou bat son plein. « Ma fille de mé- nage est partie hier. Elle ne m’a même pas informée. Je ne sais pas où donner de la tête. Je ne sais pas qui va accompagner ma fille à l’école… », se plaignait une amie il y a deux jours. Et pourtant, elle avait tout à sa disposition selon mon amie. Autant le dire, quand sonne paquinou, on a tout simplement le sentiment que nos filles de ménage sont devenues d’autres personnes. Elles deviennent méconnaissables et ne jurent que par cette virée au village où les at- tendent parents et autres villageois. Le plus curieux dans cette affaire, c’est que les employeuses sont toutes conscientes de cet état de fait mais chaque année, elles se laissent surprendre. Le plus ahurissant, c’est que ces filles de ménage ont ce don de forcer admiration en se montrant si attachantes que pour la plupart du temps, elles sont considérées comme des membres de la famille. Pour les nounous, ce sont les enfants qui souffrent de leur absence car s’étant habitués à elles. Dans de telles circonstances, peu de femmes réussissent à convaincre ces filles de ménage de ne pas partir au village. D’autres n’y arrivent souvent pas parce qu’elles pré- fèrent engager le bras de fer là où il faut convaincre ces filles. Cette année encore, à la faveur de ces fêtes de pâques, elles sont nombreuses ces filles de ménages à faire leurs valises pour rejoindre le village. Au point que l’on se demande s’il existe une recette miracle pour retenir sa fille à Abidjan. En tout cas, Mme Diabagaté Julie Obin, une spécialisée dans le placement des filles de ménages propose dans l’in- terview ‘’Voie de Femme’’, sa recette pour retenir les filles de ménage qui veulent vaille que vaille aller en congés comme nos enfants du primaire. Eux pour qui l’ONG Junior Achievement (JA) Côte d’Ivoire est en train de réaliser un gros coup, sous forme de pro- gramme qui permettra aux élèves de CM1 et CM2 de recevoir une formation afin de leur apprendre à épargner, à dépenser…dès l’âge de 9 ans. Cet ambitieux projet qui a été validé par le ministère de l’Education nationale est d’ailleurs en cours d’exécution avec la formation des formateurs. Qui, après, donneront ce savoir aux élèves afin de faire d’eux des modèles dans le domaine de l’éducation financière. Dans cette édition, Mme Tounkara Aïssata Epse Sangaré, directrice exécutive de l’Ong J.A Côte d’Ivoire explique tout… En somme, ce sont deux figures féminines aux idées ingénieuses que nous vous invitons à lire, bien entendu, au-delà de nos traditionnelles rubriques. Bonne fête de pâques et à la semaine prochaine…