“Cela faisait 10 ans que nous sommes mariés. Mon mari n’a jamais voulu que j’entreprenne une activité génératrice de revenus. Il ne m’a jamais dit la raison. Mais je sais qu’il avait peur que les hommes me fassent la cour. A la maison, mon travail, c’était de m’occuper des enfants, de la maison et de faire à manger. Au bout de quelques années, je m’ennuyais. Et dire que déposer une glacière devant la porte pour vendre du jus m’était formellement interdit par mon mari. Et quand j’insistais, il s’opposait vigoureusement.

Le jour où il a levé violemment le ton parce qu’il m’avait vu vendre des friandises devant la porte, j’ai compris qu’il maintenait ferme sa décision. C’était un cadre moyen dans son entreprise. A la fin du mois, quand il donnait l’argent de la popote, le loyer, les factures, le déjeuner du mois des enfants, il ne lui restait pas grand-chose. Il préférait qu’on vive ainsi. Je commençais à être moins heureuse car je savais que je pouvais lui venir en aide. A chaque célébration de fête en l’honneur de la femme et de son épanouissement au plan national, j’étais encore plus triste. J’ai laissé passer une année sans exprimer à mon mari, l’envie d’entreprendre.

Au bout d’une année, j’ai commencé discrètement la vente en ligne de lingerie. Je me faisais aider par une amie. Le stock était gardé chez elle. Une fois que monsieur allait au travail et les enfants à l’école, je faisais mes livraisons. Les weekends, mon amie à qui j’avais tout expliqué, livrait pour moi.

Pendant deux années, j’ai fait des bénéfices de 500.000 à 1 million sans que mon homme ne soit informé. Puis intervint le licenciement de mon mari en début d’année 2022. Un licenciement sans préavis.

Ce jour-là, il est rentré à la maison presqu’en larmes. Et il m’a annoncé la nouvelle.

Deux jours après, je lui ai expliqué ce que j’ai engagé comme activité à son issu. Je lui ai sorti mon carnet d’épargne et je lui ai dit que Dieu ne nous abandonnera pas. Il s’est mis à pleurer comme un gamin avant de reconnaître qu’il avait pris une mauvaise décision en m’interdisant de faire le commerce. Aujourd’hui, je vous informe qu’il a rejoint mon business et allons bientôt ouvrir notre magasin…

Je vous livre ce message à la suite de votre éditorial dont le titre était ‘’Le meilleur rival de ton mari…”.

Ce beau témoignage de cette lectrice de Go Magazine doit vous faire réfléchir, mesdames. Ce n’est pas un comportement de défiance à vos maris, mais plutôt, une volonté ferme de contribuer sainement à l’équilibre financier de la famille. Ya-t-il meilleur témoignage de persévérance et de courage que celui-là ? Je n’en suis pas sûr.

Vous êtes nombreuses à hésiter, à vous engager. Laissez-moi vous dire que sur le chemin qui mène à l’autonomie et à l’épanouissement de la femme, l’immobilisme, la paresse et l’indolence n’ont pas leur place.

Alors, mesdames, c’est à vous de jouer !