Après la déclaration qui prendra la forme de projet de loi de l’honorable Sangaré Yacouba, député de Koumassi et planchant pour une ‘’polygamie optionnelle’’, l’ancienne ministre de la femme et président de la  ligue ivoirienne des droits de la Femme, s’est faite entendre.

C’est au cours d’un point-presse organisé dans la commune de Marcory que la Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes et l’association Ivoirienne pour le Droit des Femmes ont exprimé leur indignation face au projet de loi portant sur la légalisation de la polygamie introduit par Sangaré Yacouba, député élu de la Circonscription électorale de Koumassi. « Trop c’est trop! Ce projet de loi est une provocation aux droits des femmes », a déclaré Constance Yaï.

« Il se trouve des élus pour faire de la provocation en minimisant la gravité du moment (…) A moins qu’il ne s’agisse de plaisanterie de fort mauvais goût, ou d’un ballon d’essai, l’on est en droit de se demander si les propos entendus de la bouche du parlementaire ont juste pour objets de diviser la Côte d’Ivoire, de fragiliser la communauté nationale ou tout simplement de faire régresser notre arsenal juridique et les droits des femmes ? ». Au cours de ce pont presse, la présidente Constance Yaï a rappelé que dans l’article 4 de la Constitution Ivoirienne de 2016, il est mentionné que « tous les Ivoiriens naissent et demeurent libres et égaux en droit; nul ne peut être privilégié ou discriminé en raison de sa race, de son ethnie, de son clan, de sa tribu ou de son sexe. » Et elle de faire observer que dans l’Article 28, l’Etat s ‘engage à respecter la Constitution, les droits de l’homme et les libertés publiques. ». Aussi n’a-t-elle pas manqué de déclarer qu’ : « une loi portant sur la légalisation de la polygamie optionnelle pour les hommes en Côte d’Ivoire serait contradictoire à nos nombreux engagements pour la protection des droits des femmes ivoiriennes et de l’égalité de sexe. A en croire la président de la ligue ivoirienne des droits de la femme : « Il n’y a pas de polygamie en Côte d’Ivoire. Il y a des hommes qui ont plusieurs maitresses. Dites les choses avec leurs mots. Il s’agit de personnes qui se sentent contrariés par la fidélité dans le ménage. Ce sont des choses tellement simples. C’est le mariage qui est une option. Vous choisissez de vous marier ou pas. Quand on n’est pas capable de se marier, on n’y va pas. Et la question de la polygamie, ce n’est pas une question de tous les jours, de tout le monde. C’est une question de possédant. Les gens qui se bagarrent pour que la polygamie soit de mise. Vous êtes convaincu qu’un demandeur d’emploi serait capable de prendre trois femmes comme coépouses ? », s’est-elle interrogée avant de faire remarquer qu’il y a la monétarisation de la relation sexuelle. « Ça suffit de faire les hypocrites. Ce n’est pas parce qu’il y a des résurgences, ce n’est pas parce qu’il y a la crise économique, ce n’est pas parce que notre société, très fortement patriarcale, toutes les jeunes filles courent après un mariage quel qu’il soit pour que nous considérions qu’il faille mettre de côté les valeurs qui fondent un ménage. Je refuse de m’inscrire là-dedans. Ce n’est pas parce qu’on est en Afrique que les femmes doivent être considérées comme du bétail. Nous sommes dans un pays qui est un état de droit. La législation ivoirienne est en harmonie avec les droits des femmes. Nous en voulons plus. A preuve, notre parlement et notre gouvernement sont très loin d’être paritaires. Et pourtant notre constitution l’autorise. J’invite les femmes à continuer le combat. La lutte continue. Il n’y a rien de plus précaire que les droits des femmes ».